2002
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Les recommandations du Ministère de la Presse et des Médias
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Le 4 novembre, le ministère de la presse et des médias a rendu publique une ’méthode recommandée de couverture par les médias de situations extrêmes, représentant une menace pour la sécurité des personnes’. La semaine dernière, à la suite de la prise d’otages dans le théâtre Nord-Ost à Moscou, le ministère de la presse et des médias avait souhaité que les médias mettent en place une méthode de travail des journalistes dans le contexte de situations extrêmes.
Le ministère avait également annoncé que son ministre, Mikhaïl Lesine, donnerait une appréciation juridique et morale du travail des journalistes qui ont rendu compte de la prise d’otages à Moscou. La méthode de travail est maintenant officialisée, toutefois le ministère assure qu’il ne s’agit pas d’une circulaire destinée à être appliquée à la lettre mais d’un projet qui doit être maintenant débattu avec les journalistes. En effet, la presse s’interroge sur l’objectif de cette méthode. Certains journalistes s’élèvent contre ce qu’ils estiment être une nouvelle tentative du pouvoir pour limiter leur liberté. Le ministère, à son tour, se défend contre cette interprétation et affirme que les recommandations prennent modèle sur des documents occidentaux comme la charte internationale de sécurité des journalistes ou des résolutions de l’UNESCO. Toutefois, le flou de certains points des recommandations laisse libre cours à toutes les interprétations. Le journal Kommersant revient sur le point numéro quatre qui stipule que les journalistes « ne doivent pas commenter et analyser les revendications des terroristes au niveau amateur sans consulter des professionnels ». Le quotidien souligne : « Rien ne vient définir ce qui est qualifié d’amateurs et ce qui est jugé une analyse professionnelle ». Certains journalistes s’indignent contre ces recommandations, ainsi, dans les colonnes du journal en ligne, Gazeta.ru, Gueorgui Bovt, estime qu’avec ces recommandations le pouvoir semble vouloir reporter sur les médias et leurs reportages la responsabilité de l’arrivée au cœur de Moscou d’un groupe terroriste armé et semble leur reprocher d’avoir rappeler au monde l’existence de la Tchétchénie en révélant que les terroristes exigeaient l’arrêt de la guerre. Par ailleurs, le pouvoir paraît reprocher aux médias de leur avoir gâcher la victoire sur les terroristes en s’interrogant notamment sur les raisons d’un si important nombre de victimes parmi les otages, sur la nature du gaz utilisé, sur l’organisation des secours, sur le nombre exact des victimes etc.
Kommersant 5-11-02 ; Gazeta.ru 6-11-02
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lundi 18 novembre 2002 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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