2006
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La diaspora arménienne, principal financier de l’enclave du Nagorny Karabakh
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L’exemple de ce monastère reflète une donnée constante dans toute l’enclave azerbaïdjanaise à majorité arménienne du Nagorny Karabakh : le poids et l’importance de l’aide financière des millions d’Arméniens éparpillés dans le monde entier.
Les pelouses bien taillées et le mur ordonné cernant un monastère arménien du 13e siècle, dans l’enclave séparatiste du Nagorny Karabakh en territoire azerbaïdjanais, attestent des millions de dollars envoyés de toute la planète par la diaspora arménienne.
Niché au sommet d’une montagne qui surplombe le village de Vank, le monastère de Gandzassar va vivre le 15e anniversaire de l’"indépendance" de facto du Nagorny Karabakh dans un bien meilleur état que durant les 70 dernières années.
Et ce, grâce aux dons des riches Arméniens de la diaspora qui respectent grandement un monastère où la tête de l’apôtre Jean-Baptiste serait enterrée.
L’exemple de ce monastère reflète une donnée constante dans toute l’enclave azerbaïdjanaise à majorité arménienne du Nagorny Karabakh : le poids et l’importance de l’aide financière des millions d’Arméniens éparpillés dans le monde entier.
Toute l’enclave n’est pas aussi favorisée que le monastère de Gandzassar, mais les dons affluant des Etats-Unis ou d’Europe ont permis au Karabakh de subsister économiquement et de préserver son autonomie durant les 15 dernières années.
La population de cette enclave montagneuse était au trois quarts arménienne en 1991 au moment de la chute de l’URSS et quand Arméniens et Azerbaïdjanais se sont affrontés le temps d’une guerre pour le contrôle de ce petit territoire du Caucase.
Les Arméniens ont gagné la guerre qui s’est soldée par un fragile cessez-le-feu en 1994, mais le statut de la région reste précaire.
"Beaucoup d’entreprises veulent investir ici mais ne peuvent pas parce que l’Azerbaïdjan se plaint", déplore Andranik Sarkissian qui dirige un projet humanitaire financé par le Congrès américain et par la diaspora arménienne aux Etats-Unis.
Cet homme, Levon Arapetian a déboursé une belle somme pour rénover le monastère, faire construire une route de 10 km menant du village au site médiéval, ainsi qu’une usine de fabrication de planchers.
Mais les plus actifs sont les membres du fond Hayastan, un groupe de la diaspora regroupant les ressources des Arméniens vivant en Europe et aux Etats-Unis, et créé après le tremblement de terre de Goumri en 1988.
Hayastan a levé des fonds pour des multiples projets de construction grâce à une importante base de données téléphoniques des Arméniens de la diaspora.
"Nous avons 60.000 numéros de téléphone d’Arméniens rien que pour la France seulement", dit Michel Tancrez, de la branche locale de Hayastan, "Arménie" en arménien.
L’organisation a ainsi réussi à réunir 13 millions de dollars en 2006 en passant simplement des appels téléphoniques à la diaspora.
Le budget total de l’enclave cette année est de 93 millions de dollars, dont une grande partie venant des impôts payés par l’entreprise minière aurifère locale financée par un Arménien vivant en Russie.
L’argent d’Hayastan a aussi permis la construction d’une route importante liant l’enclave à l’Arménie pour 10 millions de dollars.
Et beaucoup d’autres donateurs ont construit écoles et hôpitaux.
L’Arménie voisine, même si elle ne reconnaît pas officiellement l’indépendance du Karabakh, finance également des projets.
"La Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie peuvent emprunter de l’argent à la Banque mondiale ou à d’autres organisations internationales", estime Massis Mailyan, le "ministre" des Affaires étrangères du Karabakh.
"Mais comme nous ne sommes pas reconnus (par la communauté internationale), notre seule option est d’emprunter à l’Arménie", regrette-t-il.
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mardi 26 décembre 2006 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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