Diplomatie
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Géorgie : le succès de l’opposition change la donne pour Saakachvili
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Le président géorgien réélu Mikheïl Saakachvili, sans contrepoids lors de son premier mandat, fait désormais face à une opposition renforcée par la présidentielle, même si elle doit encore consolider ses acquis.
Le président sortant, réélu avec 52,21% des voix, avait lui-même mis l’accent sur l’importance d’une victoire dès le premier tour, concédant que l’emporter au second tour serait "plus difficile" face à une opposition plus compacte et plus structurée.
Celle-ci, dont le principal candidat Levan Gatchetchiladzé a obtenu 25,26% des suffrages samedi à la présidentielle, refuse pour sa part de reconnaître sa défaite et réclame un deuxième tour.
Quel que soit le dénouement de cette situation, M. Saakachvili, idole des Géorgiens après la Révolution de la rose démocratique en 2003 et grand vainqueur de la présidentielle en janvier 2004 avec 96% des voix, a désormais un adversaire de poids.
Le futur Parlement sera plus équilibré et les différentes mouvances politiques y seront mieux représentées.
Cette élection présidentielle à quelques semaines des législatives de printemps est une victoire pour l’opposition. Si elle arrive à se consolider, cela changera le système politique en Géorgie en offrant un contrepoids à un leader charismatique et populiste.
Pour les experts occidentaux, l’Ouest qui soutenait activement M. Saakachvili jusqu’à la répression de manifestations en novembre 2007, devrait favoriser le développement du pluralisme politique en Géorgie, d’autant plus que ses opposants sont aussi pro-occidentaux.
Cette élection doit être un signal pour Saakachvili qui a perdu plus de 40% par rapport à 2004. Espérons que l’opposition sera forte dans le prochain Parlement. S’il y a plus d’équilibre au sein du pouvoir, il y en aura plus dans les débats, notamment sur les conflits gelés aux républiques séparatistes d’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
Le camp de Saakachvili semble être bien conscient de cette nouvelle place de l’opposition. Le porte-parole de campagne de M. Saakachvili, David Bakradzé, a concédé que celle-ci avait obtenu de "bons résultats" à la présidentielle, tout en la mettant en garde contre tout "radicalisme".
M. Saakachvili a déclaré de son côté être prêt à engager des opposants "compétents" dans son futur gouvernement.
Pour l’heure, l’opposition semble hésiter sur sa stratégie. Selon une source dans ses rangs, il existe déjà une division entre les radicaux anti-Saakachvili et les modérés susceptibles de s’allier avec lui.
Ayant formé à la va-vite une coalition hétéroclite pour participer à la présidentielle anticipée convoquée par M. Saakachvili après les troubles de novembre, elle doit avant tout montrer sa capacité à se consolider.
"Ils sont unis contre l’ennemi Saakachvili" mais l’élection parlementaire pourrait "mettre fin à cette unité", prédit M. Margvelachvili.
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mercredi 13 février 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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