Diplomatie
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Plan d’action pour adhérer à l’Otan : protestation dans le sud de l’Ukraine
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Quelque 2.000 Ukrainiens ont manifesté à Simféropol (péninsule de Crimée, sud) contre la décision des dirigeants nationaux de demander officiellement à rejoindre en avril le Plan d’action en vue de l’adhésion à l’Otan.
OTAN
Ils brandissaient des banderoles sur lesquelles était écrit : "Non à l’Otan, oui au statut hors bloc de l’Ukraine", "L’Ukraine dans l’Otan - un poignard dans le dos du frère russe".
Les manifestants se sont réunis sur la place centrale de Simféropol, centre administratif de Crimée, réputé pour les sentiments pro-russes et très anti-Otan de sa population, à l’appel de plusieurs partis d’opposition pro-russe.
Le chef de l’Etat ukrainien Viktor Iouchtchenko, son Premier ministre Ioulia Timochenko et le président du Parlement Arseni Iatseniouk ont récemment demandé dans une lettre conjointe à l’Otan que Kiev rejoigne le Plan d’action en vue de l’adhésion à l’Otan (Membership Action Plan, MAP), dernière étape avant l’entrée.
Les protestataires de Simféropol ont dénoncé cette demande comme un "complot secret" du trio visant à "tirer l’Ukraine dans le bloc militaire de l’Otan", dans une résolution adoptée à l’issue de leur manifestation.
Plus de la moitié (53%) des Ukrainiens restent opposés à l’intégration de leur pays à l’Otan et 49% sont hostiles à son adhésion au MAP, selon un sondage réalisé en décembre et publié à Kiev.
OMC
L’Ukraine, un des derniers grands pays encore en dehors de l’Organisation mondiale du commerce avec l’Iran et la Russie, a obtenu mardi à Genève, après 15 ans d’attente, le droit d’y entrer. Elle a six mois désormais pour ratifier cet accord et devenir membre de facto.
L’adhésion à l’OMC va donner à l’Ukraine un levier d’influence face à la Russie, toujours à la porte de l’organisation, même si Kiev semble décidé à éviter des conflits ouverts avec son puissant voisin, estiment les experts ukrainiens.
Pendant que Moscou continue de négocier son adhésion, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a assuré que Kiev allait faire "en sorte que la Russie entre à l’OMC le plus tôt possible".
Il avait toutefois souligné son intention d’utiliser la future adhésion de l’Ukraine à l’OMC pour renforcer la position de Kiev dans ses différends commerciaux avec Moscou, un de ses premiers partenaires commerciaux.
"Compte tenu de l’aspiration de la Russie à rejoindre l’OMC, nous allons avoir des négociations intéressantes" sur les "restrictions" imposées par Moscou dans ses relations commerciales avec l’Ukraine, avait-il déclaré.
L’Ukraine a un déficit annuel d’"environ six milliards de dollars" dans ses échanges avec son voisin dont "la moitié, selon des experts, est due à ces restrictions", avait fait valoir M. Iouchtchenko.
La Russie, dont les relations avec le pouvoir pro-occidental ukrainien sont souvent tendues, ne peut entrer dans l’OMC qu’avec l’accord de tous les Etats-membres. Une fois dans l’organisation, l’Ukraine pourra donc très bien lui poser des conditions avant de donner son feu vert à une adhésion.
Officiellement, Kiev et Moscou ont établi une zone de libre-échange, mais celle-ci compte de nombreuses exceptions, ce qui entrave le commerce bilatéral.
La Russie ouvre également fréquemment des enquêtes antidumping à l’encontre de certaines exportations ukrainiennes, notamment de machines et produits sidérurgiques, l’Ukraine étant le cinquième exportateur mondial d’acier.
Pour ne rien arranger, plusieurs guerres politico-commerciales, dont la plus retentissante - celle du gaz - a perturbé début 2006 l’approvisionnement énergétique de l’Europe, ont assombri ces dernières années les relations ukraino-russes.
Même si l’OMC ne gère pas le dossier énergétique, les Ukrainiens pourraient la saisir d’autres disputes économiques avec Moscou pour faire pression sur les Russes.
Les moyens d’influence sur Moscou au sein de l’OMC restent toutefois relativement limités, la position de l’UE et de Washington ayant bien plus de poids, relativisent les analystes.
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jeudi 7 février 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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