Diplomatie
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Kosovo : l’indépendance kosovare NET !
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La Russie, alliée de la Serbie, a convoqué dimanche une réunion de consultation du Conseil de sécurité des Nations unies sur la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo.
Le Kosovo, province séparatiste à majorité albanophone du sud de la Serbie, a proclamé dimanche son indépendance, au cours d’une session extraordinaire du Parlement réuni à Pristina. Vladimir Poutine demande l’annulation pure et simple de la proclamation de l’indépendance kosovare.
Moscou veut que la mission de l’ONU au Kosovo (Minuk) déclare "nulle et non avenue" la proclamation unilatérale d’indépendance de la province, a déclaré l’ambassadeur de Russie à l’ONU, Vitaly Tchourkine, avant l’ouverture d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
La déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo constitue "une violation de la souveraineté de la Serbie" et de "la Charte de l’ONU et de la résolution 1244 du Conseil de sécurité", a estimé le ministère russe des Affaires étrangères.
Le Parlement russe estime encore que "la dislocation de la Serbie (...) n’est rien d’autre que l’aboutissement logique de l’opération illégale lancée contre l’ex-Yougoslavie en 1999 par les Etats membres de l’Otan", dans une allusion aux bombardements de l’Otan, qui visèrent la République fédérale de Yougoslavie (RFY) lors de la guerre au Kosovo.
La Chine s’est dite "profondément préoccupée" par cette initiative.
Le Sri Lanka a estimé que l’indépendance kosovare est une "menace pour la paix mondiale".
Six pays européens, Chypre confrontée au séparatisme de Chypre Nord, Slovaquie ’qui ne compte pas pour l’instant reconnaître l’indépendance du Kosovo’ selon le ministère slovaque des Affaires étrangères, Espagne dont la souveraineté contestée au Pays basque et en Catalogne, Bulgarie, Grèce, Roumanie ont déjà exprimé leur opposition à cette indépendance, la considérant comme un précédent pour les séparatismes à travers le monde. Quant au président tchèque Vaclav Klaus, il a mis en garde contre un "effet dominos" de la proclamation d’indépendance.
Le chef de la diplomatie française, ancien Haut représentant de l’ONU au Kosovo, Bernard Kouchner, a souhaité "bonne chance au Kosovo"...
Ce n’est pas étonnant. Il est le co-auteur d’un des plus gros médiamensonges des années 90. Eté 92, guerre en Bosnie. La photo - montage présente des ’prisonniers’ d’un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole !!! l’image d’un mirador d’Auschwitz. Son texte accuse les Serbes ’d’exécutions en masse’.
Le médiamensonge de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, sur le Kosovo
Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo - montage présente des « prisonniers » d’un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l’image d’un mirador d’Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d’ « exécutions en masse ».
Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre autopublicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l’époque à Sarajevo), sur son lit de mort :
Kouchner : C’étaient d’horribles lieux, mais on n’y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
Izetbegovic : Oui. L’affirmation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelle que fût l’horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.
Ce médiamensonge a effectivement fait basculer l’opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l’avait diffusé massivement Mais le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu’il a été roulé.
Le demi-aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions cruciales :
1° Kouchner savait-il bien plus tôt ? Réponse : Oui. Dès 1993, un journaliste de France 2, Jacques Merlino, révélait la supercherie dans un bouquin au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il y interviewait le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques. Lequel, très fier, avouait avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d’extermination » : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B’nai B’rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l’opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qu’il se passait en Yougoslavie, m ! ais d’un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des bons et des méchants. » En mentant, fait observer le journaliste ! Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. » Donc, Kouchner savait depuis longtemps et ce n’est pas joli - joli à présent de mettre toute la faute sur le dos d’un mort.
2° Les médias ont-ils enterré les preuves de la supercherie ? Réponse : Oui. Un journaliste allemand Thomas Deichman a montré dès 1994 que l’image des barbelés était truquée, que les « prisonniers » n’étaient pas enfermés. En fait, elle était tirée d’un reportage ITN où ils déclaraient être bien traités, mais la journaliste avait coupé ces déclarations ! On trouvera l’affiche de Kouchner, les commentaires de Deichmann, et notre exposé des trucages dans notre livre Poker menteur. Daté de 1998.
Dans un reportage-vidéo « Sous les bombes de l’Otan » (1999), nous avions aussi présenté les images tournées par une télé locale, qui démontraient la tricherie du reportage ITN.
3° Kouchner a-t-il été protégé, même par des « critiques de médias » ? Réponse : Oui. Un exemple : Daniel Schneidermann (Arrêts sur images, France 5) nous avait contacté sur ce dossier, puis nous a écarté du débat pour ne pas nuire à Kouchner.
On n’a pas non plus interrogé ses médiamensonges sur le Kosovo et son bilan catastrophique dans cette province. Nous disons bien : médiamensonges, et non erreurs. Son plan de carrière visant le poste de secrétaire - général de l’ONU, il lui faut tout faire pour plaire aux USA.
4° Pourquoi fallait-il présenter une histoire « simple », mais fausse ? Pour cacher la responsabilité des grandes puissances occidentales dans ce conflit :
Depuis 1979, la CIA allemande soutenait des extrémistes pour faire éclater la Yougoslavie.
En 1989, le FMI avait mis la pression néolibérale pour éliminer l’autogestion et les droits travailleurs, excitant la crise et les nationalismes.
En 1991, l’Allemagne avait armé les extrémistes croates et musulmans avant la guerre.
De 1992 à 1995, les Etats-Unis ont délibérément prolongé le conflit, comme en atteste l’envoyé spécial européen en Bosnie, lord Owen.
Pour quels intérêts, toutes ces manoeuvres ? Eliminer un système social trop à gauche, mais aussi contrôler les Balkans stratégiques et les routes du pétrole.
5° S’agit-il de nier tous les crimes commis ? Pas du tout, mais lorsque nos gouvernements cherchent à nous entraîner par une propagande de guerre « bons contre méchants », il est important de repérer leurs intérêts cachés. Et leurs trucages d’infos. Par exemple, s’agissant des camps de prisonniers en Bosnie, l’ONU en avait recensé six croates, deux serbes et un musulman. Et c’étaient plutôt des camps de regroupement en vue d’échanges, et non des camps d’extermination. Mais, les nationalistes croates et musulmans étant "nos" alliés, ou plutôt "nos" agents, Kouchner, Bernard-Henri Lévy et autres invités médiatiques permanents les ont mensongèrement blanchis. Il faudrait juger les criminels de guerre. Tous les criminels de guerre, dans tous les camps. Mais pas par des tribunaux bidons mis sur pied par une justice des vainqueurs où les USA et l’Otan se placent d’office au-dessus de la loi et même carrément hors-la-loi puisqu’ils violent la Charte de l’ONU à tour de bras.
6° Y a-t-il eu d’autres médiamensonges « réussis » dans cette guerre ? Oui. Un seul exemple. Quand l’Otan a commencé à bombarder la Yougoslavie, en 1999, elle a affirmé réagir à ce qu’elle appelait un « massacre de 40 civils » par l’armée yougoslave, à Racak, village du Kosovo. Mais Belgrade parlait d’un combat entre deux armées, provoqué par les forces séparatistes albanaises. L’ONU avait commandé un rapport à une commission de légistes dirigée par un docteur finlandais, Madame Ranta. Celle-ci a confirmé la thèse de Belgrade. Mais aucun média n’en a parlé. Le médiamensonge reste intact pour l’opinion. Pourquoi ? Parce que les médiamensonges de Kouchner, BHL et Cie ont permis de diviser la gauche et de l’empêcher de s’opposer à une guerre en réalité injuste. L’opinion publique, ça se travaille. Et la prochaine fois, ça recommencera.
Michel Collon
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lundi 18 février 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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