Diplomatie
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La question gazière russo-ukrainienne
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Etant donné que la situation est demeurée au point mort, Gazprom, afin de garantir ses intérêts économiques, va réduire ses livraisons de gaz à l’Ukraine de 25% à partir du 3 mars à 10H00 (07H00 GMT).
L’Ukraine est sommée une nouvelle fois de payer sa dette gazière avant le 3 mars 2008, faute de quoi le géant russe Gazprom réduira d’un quart ses livraisons de gaz.
La facture du gaz consommé en 2007 n’a pas encore été totalement réglée, tandis que celle pour 2008 continue de grimper, et cela hors contrat, déclare le groupe, évaluant la dette à 600 millions de dollars. La partie ukrainienne avait de son côté annoncé cette semaine avoir réglé la partie de l’ardoise correspondant à 2006 et 2007.
Gazprom souligne que la Commission européenne et ses partenaires européens ont été "avertis par avance de l’évolution de la situation".
La société Naftogaz, a assuré de son côté avoir réglé sa dette envers Gazprom pour 2007, en lui versant 760 millions de dollars.
Le premier vice-Premier ministre ukrainien Olexandre Tourtchinov a pour sa part accusé les sociétés intermédiaires russo-ukrainiennes UkrGazEnergo et RosUkrEnergo d’avoir bloqué cet argent.
Le premier coup de semonce de l’influent géant russe était intervenu à l’improviste le 7 février, et des négociations entre les deux gouvernements, Gazprom, l’entreprise publique Naftogaz et leurs intermédiaires avaient lieu par intermittence depuis.
L’Europe occidentale, dont une grande partie de l’approvisionnement en gaz transite par l’Ukraine, avait cru pouvoir pousser un ouf de soulagement le 12 février, lorsque que le président Poutine et son homologue ukrainien Viktor Iouchtchenko avaient annoncé un accord de principe à la fois sur la dette et sur une simplification de leur schéma de livraisons, actuellement très opaque.
Mais la querelle semble en réalité s’être aggravée du côté ukrainien, où elle figure en bonne place dans les joutes qui opposent M. Iouchtchenko à son Premier ministre Ioulia Timochenko.
Moscou de son côté répète que son attitude musclée est dénuée de toute visée politique, alors que nombre d’anciens pays de l’URSS accusent la Russie d’utiliser le gaz comme un instrument de sa politique étrangère, et que ses relations avec l’Ukraine sont singulièrement tendues depuis la Révolution Orange de fin 2004.
La Russie et l’Ukraine n’en sont pas à leur première crise gazière et Moscou ne fait pas mystère de sa volonté de contourner l’Ukraine à l’avenir grâce à ses deux projets de gazoducs Nord Stream et South Stream.
Ce dernier, destiné à approvisionner le Sud de l’Europe en passant sous la mer Noire, a reçu ces dernières semaines le soutien de trois pays de transit, la Serbie, la Bulgarie et tout récemment la Hongrie. Mais ll’Ukraine pourrait trouver là sa revanche en matière de diplomatie gazière en soulevant toutes sortes d’objections au passage du gazoduc dans ses eaux territoriales en mer Noire.
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vendredi 29 février 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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