Société 2009
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La Russie, cible de choix des présidentiables américains
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Un parfum de guerre froide flotte sur la campagne présidentielle américaine, au cours de laquelle la Russie et le président Vladimir Poutine reprennent le rôle de ’méchants’ qu’a tenu pendant plusieurs décennies l’Union soviétique dans la politique américaine.
Le candidat républicain à la présidentielle John McCain est le plus dur dans ses critiques, dénonçant la "Russie revancharde" dans un discours de politique étrangère la semaine dernière, quelques jours avant les entretiens prévus ce week-end entre le président américain George W. Bush et le président russe Vladimir Poutine.
"Les pays occidentaux doivent indiquer clairement que la solidarité de l’Otan, de la mer Baltique à la mer Noire, est indivisible, et que les portes de l’Alliance (atlantique) restent ouvertes à toutes les démocraties qui s’engagent pour la défense de la liberté", avait ajouté M. McCain, alors que Moscou voit d’un très mauvais oeil la perspective d’un élargissement de l’Alliance atlantique.
Même si les présidentiables sont souvent plus accommodants une fois élus que leurs campagnes ne le laissaient prévoir, le discours de M. McCain semble annoncer, s’il se retrouvait à la maison Blanche, des relations avec Moscou plus distantes que celles qu’a entretenues M. Bush avec M. Poutine.
"La Russie est une cible très facile pour n’importe quel présidentiable", souligne Justin Logan, chercheur au centre de recherches Cato Institute.
Pourquoi attaquer la Russie ?, se demande M. Logan, alors que ce pays est en pleine renaissance, avec une puissance militaire et économique croissante, et une influence diplomatique, due à son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU qu’elle n’a jamais perdue.
Mais John McCain n’est pas le seul à critiquer la Russie.
La démocrate Hillary Clinton se moque régulièrement de M. Bush qui, en 2001, avait assuré avoir pu sonder l’âme de M. Poutine en le regardant dans les yeux. "J’aurais pu dire (à M. Bush) que (M. Poutine) était un agent du KGB, par définition il n’a pas d’âme, c’est de la perte de temps, c’est absurde", avait lancé Mme Clinton lors d’une étape de campagne dans le New Hampshire (nord-est) en janvier.
Lors d’un débat télévisé en février, l’ancienne Première dame s’était également montrée dubitative sur l’autorité du successeur de M. Poutine, Dmitri Medvedev, dont elle avait eu du mal à prononcer le nom. "C’est quelqu’un qui de toute évidence a été installé par Poutine, que Poutine peut contrôler, qui a très peu d’indépendance, autant qu’on sache", avait-elle dit, "et c’est quelque chose qui soulève des questions graves sur la façon dont on va traiter avec la Russie à l’avenir".
Quant au rival de Mme Clinton pour l’investiture démocrate, Barack Obama, il évoque moins souvent les relations russo-américaines. L’an dernier il avait estimé : ce pays "n’est ni notre ennemi ni un allié proche pour le moment".
Il avait ajouté que Washington ne devrait pas hésiter à exiger plus de démocratie et de transparence de la part de Moscou.
En 2007, M. Obama s’était rendu en Russie avec l’ancien président républicain de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Richard Lugar, avec lequel il avait travaillé à l’élimination des stocks nucléaires de l’ancienne URSS.
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mercredi 9 avril 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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