Politique
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Le gouvernement de Vladimir Poutine
Le 12 mai 2008
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Vladimir Poutine a formé lundi (le 12 mai) son équipe après avoir quitté le 7 mai le Kremlin et pris le 8 ses fonctions de Premier ministre.
LES FIDELES :
— Sergueï Lavrov, 57 ans, ministre des Affaires étrangères depuis mars 2004. Diplomate de carrière, parlant couramment l’anglais, le français et le cinghalais, il est reconnu pour son professionnalisme et sa solide expérience accumulée surtout en 18 ans de missions aux Nations unies.
— Anatoli Serdioukov, un civil de 46 ans, garde le portefeuille de la Défense, qu’il dirige depuis février 2007.
Diplômé comme Vladimir Poutine de la Faculté de Droit de Saint-Pétersbourg (2001), il a engagé une difficile réforme de l’armée et est parfois accusé par des généraux de ne pas bien connaître les affaires militaires.
— Alexeï Koudrine, 47 ans, ministre des Finances depuis mai 2000, est l’un des chefs de file du camp libéral, respecté pour sa bonne gestion des richesses pétrolières de la Russie. Lui aussi issu du "clan de Saint-Pétersbourg", il a également été reconduit au poste de vice-Premier ministre.
— Sergueï Ivanov, 55 ans, un ancien du KGB pressenti un temps pour succéder à Vladimir Poutine au Kremlin avant que ce dernier ne fixe son choix sur Dmitri Medvedev, reste vice-Premier ministre chargé du complexe militaro-industriel.
LES NOUVEAUX :
— Igor Chouvalov, 41 ans, conseiller spécial de Vladimir Poutine au Kremlin, devient premier vice-Premier ministre. Il était devenu en janvier 2005 le sherpa de M. Poutine auprès du G8, après avoir dirigé l’appareil gouvernemental en 2000-2003 auprès du Premier ministre Mikhaïl Kassianov, passé depuis dans l’opposition.
— Sergueï Sobianine, 49 ans, devient vice-Premier ministre, chargé de la direction de l’appareil gouvernemental. Ancien contremaître, il dirigeait l’administration du Kremlin depuis novembre 2005.
— Igor Setchine, 47 ans, numéro deux de l’administration présidentielle depuis 2002 et présenté comme un pilier des "siloviki" - forces armées et Service fédéral de sécurité (FSB) -, devient vice-Premier ministre.
Depuis 2004 et son élection à la tête du conseil d’administration de Rosneft, Igor Setchine oeuvre en coulisses pour le renforcement du rôle de l’Etat dans le secteur pétrolier. Il est un fidèle de M. Poutine, qu’il a suivi de son poste de maire-adjoint de Saint-Pétersbourg jusqu’au Kremlin.
LES DESTITUES :
Mais les analystes estiment que les "siloviki", anciens du KGB et de l’armée placés au sommet de l’Etat, sortent affaiblis dans la nouvelle configuration du pouvoir, qui ne garantit pas toutefois la fin des guerres de clans.
Trois hommes -le chef du FSB (ex-KGB) Nikolaï Patrouchev, le patron de l’Agence anti-drogue Viktor Tcherkessov et le ministre de la Justice Vladimir Oustinov- dont les luttes pour les zones d’influence économiques transpiraient au grand jour ont été destitués.
Nikolaï Patrouchev a été nommé secrétaire du Conseil de Sécurité russe, nettement moins influent que le FSB, et son rival Viktor Tcherkessov, qui semblait viser sa place, devient chef de l’obscure Agence fédérale des livraisons d’armements.
Deux autres membres influents du camp des "siloviki" - le tout puissant numéro de l’administration présidentielle Igor Setchine et le premier vice-Premier ministre Sergueï Ivanov, longtemps évoqué comme un successeur potentiel de M. Poutine - perdent aussi du galon en devenant vice-Premiers ministres, notent des analystes.
"Le rapport de forces a changé" : Setchine, "un conservateur et isolationniste (...) qui contrôlait l’accès à Poutine au Kremlin" a perdu son influence, commente Macha Lipman de la Fondation Carnegie.
"La guerre entre services secrets a fini par la démission de ses principaux meneurs", titrait mardi le quotidien Vremia Novostei, en commentant la formation du nouveau gouvernement.
Poutine a décidé d’affaiblir ces structures qui commençaient à représenter une menace pour la stabilité du pouvoir. L’ex-président, lui-même ancien officier du KGB et artisan de la montée en puissance des "siloviki", veut "demeurer l’arbitre suprême dans la résolution des conflits entre les élites.
Selon le quotidien Vremia Novostei, "ces luttes intestines se poursuivront car elles constituent la base même du système politique en place, qui ne s’appuie pas sur des institutions mais sur des ententes non formelles".
Pour les expertes indépendantes, "la guerre des clans ne finira pas car c’est le principal mode de gouvernement de Poutine".
Et dans ce système, le contrôle des richesses naturelles, qui font la fortune de la Russie, et des grandes entreprises publiques russes est essentiel. La vraie politique se fait entre des groupes qui possèdent le pouvoir et des biens. Dans ce système, il faut devenir plus fort, plus riche, sinon un autre groupe l’emportera.
Mais Vladimir Poutine risque de devenir lui-même un jour la victime d’une guerre des clans au sommet du pouvoir, qu’il partage dorénavant avec le président Dmitri Medvedev. Mais grâce à son autorité auprès de la société et de l’élite, Poutine peut bloquer toute décision du président Medvedev, mais celui-ci est autorisé par la Constitution à mettre son veto à toute décision de Poutine.
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mercredi 14 mai 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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