Société
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Sergey Brin, co-fondateur de Google, dans l’espace
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Sergey Brin, 34 ans, le fils d’émigrés juifs soviétiques, co-fondateur de Google et l’un des hommes les plus riches du monde, a réservé une place pour l’espace et prendra un vol privé de la fusée russe Soyouz dans les prochaines années.
Le nouveau touriste de l’espace, Sergey Brin, 34 ans, est un extraordinaire exemple des succès météoriques permis par l’internet : ce fils d’émigrés juifs russes est devenu à l’âge de 34 ans le 32e homme le plus riche du monde en co-fondant le groupe Google.
Ce beau jeune homme brun, à l’allure décontractée, qui pourrait s’envoler dans une fusée russe Soyouz en 2011, est le fils d’un couple de mathémaciens qui ont fui Moscou en 1979, comme des centaines de milliers de juifs d’URSS.
Sergey Brin avait 6 ans quand il est arrivé aux Etats-Unis, et encore aujourd’hui parle russe avec ses parents.
Aidée par les organisations juives d’aide aux émigrants, sa famille passe par Paris, puis s’installe aux Etats-Unis en octobre 1979, près de Washington, où son père obtient un poste de professeur. Brillant élève en maths, Sergey intègre la prestigieuse Université de Stanford, en Californie, pour étudier l’informatique.
C’est là qu’au printemps 1995 il rencontre Larry Page. Egalement fils de scientifiques, également passionné de l’internet naissant.
La mode est aux portails type Yahoo !, mais les deux amis parient sur la recherche par mots-clés, et inventent un logiciel capable de classer les résultats : le "page rank" (classement des pages internet par importance), fondement de Google et de tous les moteurs de recherche depuis, était né.
Les deux amis y croient tant qu’ils abandonnent leur études pour créer en 1998, dans un garage de Menlo Park, près de San Francisco, ce qui allait devenir en quelques années le plus grand groupe internet du monde.
Sergey Brin a aujourd’hui le titre de coprésident de Google et de directeur de la technologie, et Larry Page, autre coprésident, est chef des produits. Les deux amis ont engagé en 2001 Eric Schmidt comme dirigeant exécutif.
Aujourd’hui Google réalise un chiffre d’affaires annuel de 16,6 milliards de dollars et un bénéfice de 4,2 milliards, croît de plus de 30% par an et pèse 178 milliards de dollars en Bourse, ce qui en fait le 10e groupe américain.
Grâce à ses actions Google — il en détient 28 millions, près de 9% du capital —, Sergey Brin est à la tête d’une fortune de quelque 15 milliards de dollars. Il a aussi depuis l’entrée en Bourse de Google en 2004 vendu pour 2,2 milliards de dollars d’actions. Le prix de son billet pour l’espace ne devrait donc pas trop amputer sa fortune personnelle.
A part ce caprice, il n’a que peu de fantaisies de milliardaire, et continue à faire ses courses dans les supermarchés discount, sous l’influence d’une éducation frugale, selon Mark Malseed, co-auteur de "The Google Story".
Lui et Larry Page se sont cependant offert un luxe de nababs : un Boeing 767 privé acheté en 2005, réaménagé pour contenir des lits doubles, en plus de leurs deux jets Gulfstream. Ils les garent sur un terrain de la Nasa à quelques minutes du siège de Google.
Sergey Brin a épousé l’an dernier Anne Wojcicki, fille d’un professeur de Stanford, soeur de Susan Wojcicki, la jeune femme qui avait loué en 1998 son garage aux deux étudiants. Google a investi 3,9 millions de dollars dans la start-up de d’Anne, 23andMe (analyses ADN pour particuliers)
Si maintenant Google a la sulfureuse réputation de vouloir contrôler l’information mondiale, en mémorisant et en indexant tout, jusqu’aux millions de livres des plus grandes bibliothèques, ou en plaçant des publicités y compris sur les e-mails privés, Sergey et Larry se veulent des "gentils" avec comme mot d’ordre "Do no evil" ("ne fais pas le mal").
D’où la fondation de Google qui aide des projets scientifiques, notamment sur l’environnement, comme le concours pour développer une énergie renouvelable moins chère que le charbon.
Arrivé enfant aux Etats-Unis en provenance d’Union soviétique, Sergey Brin est le fils d’émigrés juifs qui ont eu à souffrir de l’antisémitisme dans les années 70 et son père n’a jamais pu réaliser son rêve de travailler dans la recherche spatiale, secteur classé "secret défense", selon une interview réalisée en 2007 par Mark Malseed, co-auteur de l’ouvrage "The Google story".
Créé en 1998, Space Adventures a déjà fait voler vers l’ISS cinq touristes de l’espace à bord d’un Soyouz, dont le premier a été l’Américain Dennis Tito en 2001.
Le PDG de la société américaine Space Adventures, Eric Anderson, a annoncé mercredi à New York la conclusion d’un accord avec l’Agence spatiale russe pour organiser le premier vol privé d’un vaisseau Soyouz vers la Station spatiale internationale (ISS), programmé pour la deuxième moitié de 2011.
Il n’a pas confirmé que Sergey Brin serait de ce premier voyage.
"Il a l’intention de partir, et a déposé une avance de 5 millions de dollars, il volera peut-être dans trois ans, peut-être dans cinq ans, mais il partira (dans l’espace), il doit s’entraîner", a déclaré M. Anderson.
Ce programme baptisé "Space Orbital Mission Explorers Circles" compte parmi ses membres fondateurs le jeune milliardaire d’origine russe.
"Je crois fermement dans l’exploration et le développement commercial de l’espace et j’envisage la possibilité de participer à un vol spatial", a déclaré Sergey Brin dans un message lu par Eric Anderson.
Sergey Brin a déjà participé au financement d’un autre programme de Space Adventures, "Zero G", qui organise des vols paraboliques en apesanteur à partir notamment du Kennedy Space center en Floride (sud-est) et de l’aéroport international de Las Vegas (Nevada, ouest).
200 expéditions ont eu lieu à bord de Boeing 727-200 entre 2004 et 2008, permettant à quelque 5.000 personnes d’expérimenter l’apesanteur pendant 15 fois 30 secondes au cours d’un vol d’une heure et demie, a précisé Peter Diamandis, directeur de Space Adventures.
Ces vols coûtent 3.950 dollars par personne, et peuvent emmener jusqu’à 35 voyageurs.
Lorsqu’il aura fini son entraînement, Sergey Brin devrait décoller de la base de Baïkonour au Kazakhstan, ancienne république soviétique d’Asie centrale.
"Tous les Russes de ma génération ont rêvé de devenir cosmonautes", a déclaré Sergey Kostenko, directeur de la branche russe de Space Adventures, qui n’a jamais voyagé mais a suivi les entraînement lorsqu’il était jeune.
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mardi 10 juin 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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