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Dernier hommage à l’ancien dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne
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Les Moscovites rendent hommage à l’ancien dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne, décédé dimanche à 89 ans, dont la dépouille était exposée à l’Académie des Sciences.
Conformément à la tradition russe, les personnes, souvent âgées, venues rendre hommage au défunt apportaient un nombre pair de fleurs, le plus souvent deux ou quatre. La veuve et les fils de Soljenistyne se tenaient à côté du cercueil.
Les principales chaînes de télévision russes ont bouleversé leurs programmes pour diffuser des documentaires sur la vie du disparu.
Mais tous les médias ne se joignent pas aux louanges. La Pravda, organe du Parti communiste, lui reproche d’avoir décrit le régime stalinien de manière biaisée. Soljenitsyne est l’une des personnalités les plus importantes de l’Histoire de la Russie. Il est regrettable que les jeunes ne comprennent pas tous son importance. Les jeunes de la Russie d’aujourd’hui comprennent de moins en moins.
Le journal l’accuse mardi dans un éditorial d’être devenu l’un des principaux outils de destruction de l’Etat et de la nation, "c’est pourquoi il est applaudi à tout rompre tant par le président russe Medvedev que par le président américain George Bush".
Les funérailles se dérouleront mercredi au monastère Donskoï, à Moscou, où Soljenitsyne sera inhumé.
La vie de Soljenitsyne
Longtemps interdit de publication, Soljenitsyne s’est fait connaître pour la première fois du grand public en 1962, grâce à Nikita Khrouchtchev qui a autorisé la parution d’"Une Journée dans la Vie d’Ivan Denissovitch", qui décrit la vie dans un camp de travail.
Son oeuvre, notamment "L’Archipel du Goulag", une chronique des camps, ont été couronnée par le Prix Nobel de littérature en 1970.
En 1974, Soljenitsyne sera déchu de la nationalité soviétique et expulsé en Allemagne de l’Ouest. Il s’installe alors en 1976 dans le Vermont, aux Etats-Unis.
En 1994, trois ans après la disparition de l’Union soviétique, Soljenitsyne avait effectué un retour triomphal en Russie. Il a passé les dernières années de sa vie dans sa maison de la périphérie de Moscou.
Après son retour, les dirigeants russes ont témoigné un grand respect à l’écrivain. Mais il est devenu de plus en plus critique, dénonçant la corruption et les influences occidentales dans la société née sur les cendres de 80 ans de régime soviétique.
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mardi 5 août 2008 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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