2001
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Vladimir Rouchailo à Paris
par Dimitri de Kochko
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Vladimir Rouchailo à Paris : La fin du ’deux poids deux mesures’ en matière d’anti-terrorisme a déjà permis de frapper au porte-monnaie.
PARIS - La fin du ’deux poids deux mesures’ en matière de lutte contre le terrorisme islamiste international et la constitution d’une large coalition mondiale a déjà eu des résultats positifs ne serait-ce qu’en réduisant les moyens financiers des terroristes, a révélé le 20 novembre le secrétaire du Conseil de Sécurité russe, Vladimir Rouchaïlo, en ’visite de travail’ de trois jours à Paris.
Pour l’ancien ministre de l’intérieur russe, "on ne peut plus systématiquement pratiquer les doubles standards et appeler quelqu’un terroriste dans un pays et défenseur des droits de l’Homme dans un autre". "Cela s’est fait à propos de la Tchétchénie et a beaucoup aidé les organisations terroristes, notamment le réseau de Ben Laden à se financer".
Le général Rouchailo qui a servi en Tchétchénie, a précisé que "grâce à l’action de la coalition internationale et de la coopération des services spéciaux depuis les attentats du 11 septembre aux USA, nous constatons pour notre part un net tarissement des flux financiers alimentant les terroristes en Tchétchénie".
Il s’est félicité qu’aujourd’hui, "tout le monde travaille dans le même sens et reconnait par exemple des terroristes comme Khatab, le mercenaire jordanien combattant avec les indépendantistes tchétchénes, comme un membre du réseau d’Oussama ben Laden" . Selon lui, Khatab "s’apprête ou est déjà parti en Afghanistan rejoindre d’autres mercenaires "tchétchénes", au sens non de nationalité mais pour les désigner comme des combattants ayant sévi auparavant en Tchétchénie".
Malgré ou grâce à cette situation d’affaiblissement des séparatistes tchétchénes, le Kremlin a accepté de lancer de nouvelles négociations avec les hommes du président indépendantiste élu Aslan Maskhadov "en signe de la volonté de Moscou de régler le conflit par des moyens politiques comme nous le souhaitons et comme nous le demandent nos différents partenaires, dont la France", a dit M. Rouchailo au cours d’une conférence de presse.
Il a précisé qu’en dépit de la coopération renforcée avec les Etats-Unis que le voyage du président Vladimir Poutine, auquel il a participé, a mis en lumière, la Russie était très "soucieuse et consciente de la nécessité de maintenir des coopérations sérieuses avec l’Europe occidentale et tout particulièrement la République française".
Il s’est réjoui de la levée de certains obstacles juridiques et administratifs dans le cadre de la lutte commune contre le terrorisme, notamment en matière de mandats et réquisitions ainsi que de blanchiment d’argent. Il a rappelé que la Douma avait adopté une loi contre le blanchiment et que le président Poutine avait créé ce mois-ci une instance de contrôle des flux financiers.
A propos de la guerre en Afghanistan, M. Rouchailo s’est encore félicité de l’accord entre la France et la Russie sur l’impossibilité d’une participation de taliban à un gouvernement actuel à Kaboul.
Parlant des rapports avec l’OTAN, il a souligné que de l’avis général les relations Russie-OTAN avaient changé qualitativement mais que cela n’empêchait pas l’OTAN de vouloir s’étendre à l’est contre la Russie. "L’OTAN doit changer d’attitude à l’égard de la Russie et nous voulons savoir quelle forme de relations nous pouvons avoir avec l’OTAN ", a dit M. Rouchailo en relevant que les récentes interrogations de M. Tony Blair, premier ministre britannique, sur le sujet étaient "peut-être un début de proposition de revoir cette relation".
Dimitri de Kochko
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vendredi 23 novembre 2001 © France-CEI, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.
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