Gérer les acomptes
- Calendrier : les acomptes sont répartis en quatre échéances selon la clôture et doivent être planifiés pour éviter pénalités.
- Calcul : la méthode part du résultat N‑2, applique le taux d’IS puis divise le total en quatre acomptes égaux, exemples chiffrés.
- Prévention : automatiser rappels et télépaiement, exporter ICS/CSV, documenter justificatifs et demander modulation ou dispense si la trésorerie l’exige.
Une matinée chez le chef comptable montre des écrans remplis de dates : le casse‑tête des acomptes d’impôt sur les sociétés surprend encore plusieurs dirigeants. Pour éviter les oublis et les pénalités, il est essentiel de planifier ces échéances. Cet article explicite la règle des échéances selon la date de clôture de l’exercice, détaille le mode de calcul, donne des exemples chiffrés et propose des mesures pratiques pour automatiser les rappels et demander des modulations ou des dispenses lorsque cela est justifié.
Principe général et calendrier standard
Les acomptes d’IS sont généralement versés quatre fois par an aux dates usuelles : 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Toutefois, ces dates peuvent être adaptées en fonction de la date de clôture de l’exercice social. La logique est de répartir le paiement prévisionnel de l’impôt sur l’exercice en quatre acomptes. Le montant global estimé repose souvent sur le résultat fiscal constaté deux ans auparavant (résultat N‑2) ou sur une estimation basée sur l’exercice en cours.
Échéances selon la période de clôture
Pour faciliter la planification, voici un repérage courant selon la période de clôture :
- Clôtures 20 novembre – 19 février : acomptes les 15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre.
- Clôtures 20 février – 19 mai : acomptes les 15 avril, 15 juillet, 15 octobre, 15 janvier.
- Clôtures 20 mai – 19 août : acomptes les 15 juin, 15 septembre, 15 décembre, 15 mars.
- Clôtures 20 août – 19 novembre : acomptes les 15 septembre, 15 décembre, 15 mars, 15 juin.
Ces plages permettent d’aligner les acomptes sur la période d’imposition de l’entreprise. En pratique, il est préférable d’afficher ce calendrier au sein du service financier, d’exporter les échéances en ICS/CSV et de programmer les rappels automatiques trois jours avant chaque date afin d’éviter les oublis.
Comment calculer les acomptes : méthode pas à pas
Le calcul débute souvent à partir du résultat fiscal N‑2. On applique le taux de l’IS en vigueur à ce résultat pour obtenir un impôt annuel estimé, puis on divise ce montant en quatre acomptes égaux. Exemple de méthode :
- Récupérer le résultat fiscal de l’année N‑2 (par exemple 100 000 €).
- Appliquer le taux d’IS applicable (par exemple 25 %).
- Calculer l’impôt estimé : 100 000 € × 25 % = 25 000 €.
- Diviser par quatre pour obtenir le montant par acompte : 25 000 € / 4 = 6 250 €.
Exemples concrets
| Cas | Résultat N‑2 | Taux d’IS | Acompte par échéance |
|---|---|---|---|
| PME clôture 31/12 | 100 000 € | 25 % | 6 250 € (25 000 € / 4) |
| Société saisonnière clôture 30/04 | 50 000 € | 25 % | 3 125 € par échéance |
| Résultat nul ou perte | 0 € | 0 % | 0 € – possibilité de demande de dispense |
Modulation des acomptes et demande de dispense
Les acomptes peuvent être modulés à la hausse ou à la baisse si la société anticipe un impôt final significativement différent de l’estimation fondée sur N‑2. Pour cela, il convient de documenter la variation (prévision de chiffre d’affaires, événements exceptionnels, pertes annoncées) et de conserver les justificatifs. La demande de modulation se fait via la procédure prévue par l’administration fiscale, souvent en ligne sur le compte professionnel, en précisant le montant souhaité et en joignant une note explicative chiffrée.
Dans certains cas (sociétés en difficulté, situation de trésorerie critique, pertes prévues), la dispense totale d’acomptes peut être accordée après examen des pièces justificatives. Il est recommandé d’en informer son expert‑comptable et d’envoyer la demande suffisamment en avance pour empêcher le déclenchement automatique des prélèvements.
Éviter les pénalités et bonnes pratiques opérationnelles
Les pénalités surviennent lorsque les acomptes sont versés en retard, insuffisants ou non justifiés. Pour les éviter :
- Programmer des rappels 3 à 7 jours avant chaque échéance (notification email, SMS, calendrier partagé).
- Mettre en place un export ICS/CSV des échéances pour synchronisation avec les agendas d’équipe et les logiciels comptables.
- Permettre le télépaiement (télédéclaration et télépaiement via le compte professionnel des impôts) avec IBAN validé pour prélèvement automatique si souhaité.
- Conserver toutes les pièces justificatives en cas de demande de modulation ou de contrôle.
- Consulter l’expert‑comptable pour ajuster les acomptes en cours d’exercice en fonction de la trésorerie réelle.
Conseils pour l’automatisation et la collaboration
Un calendrier visible en permanence, des exports ICS/CSV et un PDF récapitulatif envoyé automatiquement à l’expert‑comptable simplifient la gestion. Intégrez un bouton « télécharger en ICS » sur votre intranet et activez des alertes pour les responsables financiers. Enfin, documentez la procédure interne (qui valide le paiement, qui déclenche la modulation, où sont stockés les justificatifs) pour que la gestion des acomptes devienne un réflexe sans stress.
En synthèse : identifiez votre période de clôture, calculez vos acomptes à partir du résultat N‑2 ou d’une estimation fiable, programmez des rappels et prévoyez la possibilité de modulation si votre situation évolue. Ces bonnes pratiques réduisent le risque d’erreur et protègent la trésorerie de l’entreprise.





